Habiter l’habitat

Des esquisses à la concrétisation, le travail ne manque pas pour le projet de la « Maison des élèves ». L‘agente culturelle Marinka Limat s‘est associée au Conseil des élèves pour transformer ces anciens bureaux en un cocon plus en adéquation avec leurs besoins.

Le verbe habiter trouve son origine dans le latin habitare, qui signifie « résider », « demeurer » ou encore « avoir souvent ». Fréquenter un lieu de manière répétée engendre, par la force des choses, l’apparition d’habitudes. Autrement dit, ce sont les actions et les pratiques – personnelles et/ou collectives, inscrites dans la durée – qui façonnent l’identité d’un lieu, tout comme celui-ci influence en retour celles et ceux qui l’occupent. Dans les deux cas de figure, le corps humain entre en jeu.

La « Maison des élèves » se situe dans un entre-deux. Utilisée simultanément comme salle à manger et comme zone d’étude, elle conserve cependant une atmosphère de bureaux. À la suite des réflexions du Conseil des élèves, rejoint par quelques volontaires enthousiastes, le défi consiste maintenant à transformer ce lieu en « habitat habité », à créer un cocon en adéquation avec ses fonctions. Cette démarche, initiée par le projet suisse des « Agent·e·s culturel·le·s pour des écoles créatives » (lire l’article dans le numéro précédent du Message), ne peut se concrétiser qu’avec la participation active des personnes habitant l’endroit en question : les élèves !

Pour entrer en matière, quoi de plus pertinent qu’une visite au Kunsthaus de Zurich, invitant à expérimenter, à bras ouverts, les oeuvres de Lygia Clark. Figure emblématique du mouvement néo-concret brésilien, l’artiste est reconnue pour ses créations qui transforment l’art visuel en une expérience vivante. C’est dans cet esprit que les élèves de la classe de Sarah Glaisen se sont jetés à l’eau. L’exposition les invite à engager tout leur être, à affiner leur sens et leur perception, et les amène à « faire corps » avec les installations et dispositifs de l’artiste, devenant ainsi, l’espace d’un instant, partie intégrante de l’oeuvre.

Habitée par l’idée de donner une « âme » à un lieu en construisant son histoire, l’architecte Agnès Collaud accompagnera durant deux mois ces élèves dans l’élaboration de propositions d’aménagement et pour la conception de prototypes de mobilier. Ces projets devront tenir compte des besoins des occupants et des contraintes institutionnelles. Ils serviront ensuite de références pour la réalisation, qui sera effectuée par un autre groupe d’élèves lors de la Semaine de la durabilité, toujours en collaboration avec l’experte précitée.

L’inauguration est prévue le vendredi 22 mai 2026 ! Bienvenue chez vous !